Pouvez-vous nous présenter les grandes étapes de votre parcours ?
J’ai passé mon bac en 2014, j’avais 16 ans et, parce que mes parents le voulaient, je me suis dit que j’allais faire des études en gestion d’entreprise pour devenir DRH. J’ai commencé par un DUT Gestion des Entreprises et des Administrations avec une spécialisation RH en 2e année ; année que je n’ai pas validée car j’ai complètement lâché la comptabilité, la micro-économie, les mathématiques financières…. le reste de l’année j’étais en stage et je faisais de la com, j’ai donc décidé de me réorienter.
Je faisais déjà du community management depuis le lycée dans des associations de e-sport et de jeux vidéo. Il s’agissait de structures assez grosses mais pas encore trop professionnalisées. À l’époque j’ai vraiment appris en autodidacte, je trouvais le métier assez cool et je suis parti là-dedans. Comme je n’avais pas validé mon DUT, j’en ai refait un autre, le DUT métier du multimédia et de l’internet à l’IUT de Grenoble Alpes qui m’a permis d’avoir des bases en développement, en graphisme, en vidéo ou encore en communication. Le DUT s’est très bien passé, ça m’a conforté dans la voie dans laquelle je voulais aller.
Je suis ensuite rentré à l’ESP Lyon en Bachelor 3 Cycle Intensif pour combler les lacunes que j’avais en marketing. J’ai conclu ce Bachelor avec un stage en social media chez Public Actif, une très belle agence à Lyon (et maintenant à Paris). J’ai travaillé sur beaucoup de grands comptes et j’ai surtout réalisé que le CM n’était pas ma voie ! La gestion de projet et la relation client m’intéressaient beaucoup plus.
Pour mon Mastère, je suis parti à Paris et j’ai continué en Planning Stratégique. Un Mastère très cool, avec une super équipe ! Il m’a surtout permis d’apprendre beaucoup de choses : travailler mon oral, la relation client, ma manière de présenter et de parler. Des compétences qui me servent vraiment au quotidien aujourd’hui et qui donnent une très bonne vision de la marque.
En parallèle j’ai eu la chance de faire mon alternance chez Unify qui vient d’être racheté par Reworld Media mais qui à l’époque était l’antenne digitale de TF1. J’étais principalement sur le secteur high-tech et jeu vidéo sur la partie performance marketing et opérations spéciales.
J’ai ensuite rejoint La Haute Société, une agence grenobloise qui venait d’intégrer le groupe Mediakeys. J’ai fait cette alternance en tant qu’Account Executive et Business Developper. À ce moment-là, le digital me manquait trop, j’ai finalement switché de Mastère pour finir mon M2 en Stratégie Digitale. J’avais une alternance et des cours qui matchaient super bien, c’était génial. Je m’occupais de problématiques de performance marketing et d’inbound dans cette agence qui pourtant n’était pas média. Je m’occupais aussi de projets digitaux et de plateforme de marque, ça faisait vraiment écho avec tout ce que j’avais vu en cours et dans mes expériences précédentes.
« Je m’occupais aussi de projets digitaux et de plateforme de marque, ça faisait vraiment écho avec tout ce que j’avais vu en cours et dans mes expériences précédentes »
Arrivé dans le grand bain, je suis finalement resté en agence. J’ai eu la chance d’avoir un gros nom qui a répondu à mes candidatures : c’était le groupe IPG, MEDIABRANDS en l’occurrence. J’y suis allé, au début pour des raisons de carrière. C’est une structure qui a du poids, qui allait me donner l’opportunité de travailler avec beaucoup de monde sur des problématiques enrichissantes. C’était quand même un gros risque car les grosses agences, surtout média, n’ont pas une très bonne réputation, surtout qu’on était en plein milieu de la vague Balance Ton Agency.
Ce risque a payé car j’ai intégré une équipe de dingue, j’ai développé une expertise dans laquelle je veux continuer le plus longtemps possible : le performance marketing.
Depuis 4 mois je fais la même chose dans le Groupe Publicis avec un scope un peu plus large. Aujourd’hui je travaille en performance marketing depuis le conseil ce qui veut dire réconcilier les enjeux de stratégie média transactionnelle, les campagnes de branding et l’excellence opérationnelle. C’est un travail hybride à mi-chemin entre le travail d’expert et de directeur de clientèle qui permet de faire le lien entre les deux pour réconcilier cette vision. J’opère pour les entités dermocosmétique et pro du groupe L’Oréal en France, c’est à dire la gestion du média à la performance pour les marques : La Roche-Posay, CeraVe, Vichy, Skinceuticals, Sanoflore, Decleor, L’Oréal Professionnel, Kérastase, Redken, Matrix. Je suis basé sur le campus de Bastille qui regroupe toutes les expertises médias du groupe Publicis.
J’ai aussi la chance depuis 1 an de donner des cours à l’ESP !
Comment l’ESP vous a aidé à relever les défis de votre carrière ?
Une des choses que j’ai aimé à l’ESP c’est la pluridisciplinarité des enseignements. Même quand un étudiant est spécialisé dans le digital il va quand même avoir des cours en média, en traffic management, en UX et même des notions de développement. Les Mastères ne sont pas surspécialisés, il y a vraiment une notion de chefferie de projet et c’est ce qui m’a aidé quand je suis arrivé en agence média. Par exemple, chez Mediabrands je suis arrivé sur un poste qui n’était plus occupé depuis longtemps. La charge de travail était répartie sur plusieurs personnes qui étaient très heureuses de s’en débarrasser ! On m’a dit “voici tous les clients, la semaine prochaine c’est toi qui présente les bilans”. J’ai dû avoir une adaptation ultra rapide sur un scope que je ne connaissais pas.
« Le fait d’avoir eu des enseignements pluridisciplinaires m’a permis de prendre de la hauteur et de ne plus travailler en monolevier »
Si je n’avais pas eu cette pluridisciplinarité à l’ESP, je n’aurais pas du tout réussi à décrocher le poste que j’ai aujourd’hui. Au-delà de l’adaptation, la pluridisciplinarité m’a également permis de développer le poste avec une vision très globale de la performance. Le fait d’avoir eu des enseignements pluridisciplinaires m’a permis de prendre de la hauteur et de ne plus travailler en monolevier. Aujourd’hui j’arrive à apporter à mes clients, et à intégrer dans mon scope, des expertises beaucoup plus larges et qui dépassent l’opérationnel parce que je peux comprendre les enjeux de la marque. Par exemple chez Mediabrands, je pouvais facilement amener une agence créa ou une agence digitale sur un brief avec nous. Je n’avais aucun problème à discuter avec d’autres agences car ce sont des personnes avec qui j’ai travaillé à l’ESP.
Les experts connaissent parfaitement leur plateforme et leur levier sur le plan opérationnel mais derrière le rôle du conseil c’est justement de faire une mise en relation de l’excellence opérationnelle des experts avec les enjeux de la marque au niveau global. On ne va plus seulement travailler la problématique média mais on va remonter au niveau de la communication de la marque, de son image, du marketing voire jusqu’aux enjeux business.
C’est impératif dans le travail que je fais pour L’Oréal où il y a beaucoup de marques différentes qui proposent des produits qui sont parfois en concurrence. Aujourd’hui si je ne savais gérer que de l’opérationnel je ne pourrais pas faire le métier que je fais et apporter aux clients ce que j’apporte.
Il y a également un soft skill essentiel que j’ai développé à l’ESP : la prise de parole. Être capable de réaliser un call client, de gérer des retours pas toujours évidents, d’être impactant dans les présentations, de mettre le bon ton… Avoir la bonne manière de parler ce n’est pas quelque chose d’inné, c’est quelque chose qui se travaille.
L’ESP a vraiment les oraux dans son ADN. On a toujours le moyen de se défiler mais si on a la volonté de progresser, on a de vraies opportunités. En arrivant à l’ESP on m’a un peu forcé à l’exercice et j’y ai vraiment pris goût. Aujourd’hui ça me permet de gérer la relation client de manière plus fluide et avec beaucoup plus d’aisance, y compris quand je suis challengé sur des sujets que je connais moins.
En Bachelor on nous apprend la méthode de la recommandation, on va faire attention aux phrases qu’on dit, puis au bout d’un moment on lâche prise et on gagne en aisance. On peut se permettre de faire des blagues au milieu de notre présentation, d’interagir avec le public, de développer une complicité avec le jury. C’est quelque chose qui va être primordial dans la relation professionnelle et l’ESP donne vraiment l’opportunité aux étudiants de développer ce côté là.