TU NOUS PARLES DE TON RAPPORT À L’ESPORT ?
La base, ce sont les jeux vidéo. Je suis de cette génération où le jeux vidéo a pris une part très importante dans notre culture, et en même temps c’était encore un truc un peu honteux. Les années collège/lycée, t’as du mal à assumer cette passion sans que tu sois catalogué. Donc assez tôt j’ai faire la part entre ma vie sociale du quotidien, en cours, avec mes potes, et ma vie sociale sur Internet, avec mes autres cercles de connaissances liés aux jeux vidéo.
Puis à un moment dans ma vie, je me suis rendu compte que le projet qu’on me proposait, faire des études, trouver un travail, avoir ses passions à côté, ça me correspondait pas. Et donc très vite je me suis mis en tête que j’allais mélanger les deux : passion et travail.
À côté de ça, la tendance dans les jeux vidéo est allée à de plus en plus de modes en ligne et donc de compétition. Et puisque je jouais à ces jeux compétitifs, je me suis de plus en plus intéressé et de plus en plus impliqué dans cette tendance. En fait j’ai grandi et évolué dans ma pratique en même temps que l’essor de l’E-sport. Je m’entrainais avec mon équipe (à notre petit niveau), on participait à des compétitions online et offline. C’était un super moment. Mais j’étais un simple spectateur avisé. J’étais encore loin de devenir un acteur de ce monde.
C’est en 2014 que j’ai eu ma première expérience chez Bang Bang Management, en aidant les plus grands talents esport français dans leur stratégie digitale. Une petite parenthèse professionnelle que j’ai réouvert des années plus tard en 2017, quand j’ai proposé un énorme projet chez Cerise Media/Gentside : créer et développer un club E-sport professionnel. C’était une période de rachat pour notre groupe et j’ai saisi l’opportunité de la tendance intrapreunariale (il est beau ce mot, pour juste dire que tu développe une nouvelle activité au sein de ton entreprise, pour ton entreprise).
Ça été de très longs mois de travail de réflexion, de négociations, mais ça été lancé début 2018. C’était plus que challengeant, c’était épuisant ; je devais à la fois réaliser ma mission pour laquelle j’ai été embauché mais aussi développer toute une nouvelle activité, tout seul. Mais c’était génial car j’ai pu profiter d’être le seul en capacité de gérer ce projet, d’en prendre, quasiment, toutes les décisions, avec l’appui d’un grand groupe. Et en 2018, malgré un tout petit budget, ça été un peu l’explosion : d’excellents résultats compétitifs, une stratégie d’audience qui a fonctionnée et surtout on acquis une légitimité dans le milieu en peu de temps. Avec ce projet, on débarquait de nulle part dans ce monde l’E-sport, et avec nos petits moyens face aux mastodontes on a fait mieux que certains.
Ce projet ça été ma carte de visite, c’était mon bébé, et c’était primordial que je réussisse avec pour aller plus loin. Et ça a fonctionné puisqu’en 2019, Team Vitality, le plus gros club E-sport de France, top 3 en Europe, est venu une mission en tant que Team Manager chez eux.
Alors, c’est quoi mon rapport à l’E-sport ? C’est une (très) grande partie de ma vie. C’est mon travail. C’est ma passion. C’est mon passe-temps. C’est mon plaisir. Et c’est quelque chose dont je prends conscience tous les jours : j’ai le métier de mes rêves, au sein de la boite dans laquelle je voulais être. Et ça, c’est une chance dont il faut profiter.