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École

Discours de Nathalie Bernard, directrice générale et co-fondatrice d’Hopscotch, marraine de la promo 2017/2018

Comme chaque année, l’ESP organise une grande soirée à l’occasion de la cérémonie de remise des diplômes des Bachelors et des Mastères. Un moment d’émotion sous le parrainage de Nathalie Bernard, directrice générale et co-fondatrice d’Hopscotch, marraine de cette promotion 2018 composée de 247 étudiants diplômés. Son discours recèle des conseils précieux et inattendus, tant sur l’évolution des pratiques des métiers, les qualités d’un bon communicant, le déroulement d’un entretien d’embauche que sur un registre plus intime et personnel.

 

 

Discours de Nathalie Bernard, directrice générale d’Hopscotch

 

« Les talents de la communication, ils sont bien dans cette salle »

Bonsoir à tous,

Je suis très heureuse et très fière de partager ce moment important pour chacun d’entre vous, un moment dont j’espère que vous garderez un excellent souvenir : votre remise de diplômes de cette école emblématique ! Ce moment qui vous fait passer du statut d’étudiant à celui de professionnel de la communication.

Il est peut-être temps aussi pour chacun d’entre vous de vous remémorer votre parcours, vos succès et le chemin qui vous a conduit jusqu’à cette soirée du 30 novembre 2018.

Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai longtemps ignoré que je ferais ce métier dont je ne savais rien. Comment en êtes-vous arrivés à vous destiner à la communication ? Qu’est-ce qui vous fait lever le matin pour faire votre job ? Qu’est-ce qui vous a rendu heureux dans votre journée de travail ? Prenez un moment pour vous poser ces questions ce soir ou dans les jours qui viennent. Il ne s’agit pas de regarder dans le rétroviseur, mais bien de donner du sens à ce que vous faites et ce que vous ferez.

En tant que directrice générale d’Hopscotch, ce sont en tout cas des questions que je pose à tous les candidats que je rencontre. Et depuis la création d’Hopscotch en 2000, autant vous dire que j’en ai rencontré un certain nombre. Les réponses à ces questions sont toujours riches d’enseignements pour les professionnels qui vous rencontrent, mais le sont tout autant pour vous à titre individuel.

J’ai coutume de dire qu’une agence, ce sont des idées, des équipes et des résultats. Mais sans équipes, il n’y a ni idées ni résultats. Je suis convaincue depuis longtemps que nos talents sont au coeur de nos succès. Et nos talents, et plus largement les talents de la communication, ils sont bien dans cette salle !

 

La communication de demain

Les idées, vous en débordez j’en suis sûre. Cela tombe bien. Car, de là où je suis, je peux vous assurer que le monde de la communication, s’il s’est déjà énormément transformé, reste à réinventer. Qu’elle s’exerce en agences ou chez l’annonceur, la communication est un terrain fertile d’innovations et vous ouvre d’immenses perspectives.

En premier lieu la façon dont nous nous informons, nous nous décidons, nous choisissons, nous vivons a profondément changé depuis 20 ans, faisant des différentes parties prenantes les acteurs de la société. La communication est ainsi devenue un véritable écosystème : au sein de celui-ci, chacun des acteurs se nourrit des autres et contribue à les alimenter en retour. Les silos métiers de la communication sont abolis au profit d’approches collaboratives et intégrées, ce que l’on a appelé la communication 360.

 

L’exemple de L’usine Extraordinaire au Grand Palais

Je vais vous raconter une histoire : celle de la fédération des industries mécaniques. Il y a 18 mois, la FIM se donnait pour objectif de revaloriser l’image de l’industrie auprès des Français et d’attirer des jeunes dont elle manque cruellement aujourd’hui- ce qui ne se sait sans doute pas assez.

Nous avons remporté cette consultation en proposant à la Fédération une approche de communication à la fois intégrée et agnostique des métiers ou techniques. Nous avons ainsi fait naître l’Usine extraordinaire, une usine du futur au coeur du Grand Palais.

En un an nous avons :

créé un modèle économique et mobilisé des partenaires au sein d’une Fondation

mis à bord le Président de la République qui a parrainé l’opération, mais aussi le Premier ministre, le ministre de l’industrie et pas moins de 13 ministres qui se sont rendus à l’Usine Extraordinaire

mis en place une fabrique de contenus essentielle pour :

  • mobiliser les acteurs de l’industrie et favoriser leur participation à l’événement avec des séquences de communication avant, pendant et après l’événement
  • promouvoir l’événement auprès du grand public et notamment des publics scolaires qui étaient une priorité : 40 500 visiteurs, dont 10 300 scolaires issus de 55 départements
  • Animer les 4 journées de l’événement : pas moins de 245 conférences et keynotes initiées

monté une véritable usine en état de marche au Grand Palais avec des espaces, démos etc.

généré la visibilité en amont pendant et après l’exposition en répondant aux enjeux posés par l’industrie

Cette opération est emblématique de ce que doit être la communication d’aujourd’hui et de demain.

Une campagne telle que l’Usine Extraordinaire témoigne de l’avenir qui vous attend : imaginer, faire sortir des projets de terre à partir de pas grand-chose, créer des plateformes, des temps forts, produire tous types de contenus, mêler résonance médiatique et sociale, articuler des campagnes globales avec de l’espace mérité, de l’espace payant et des contenus propriétaires, de l’événement, des temps de rencontres… et tout ce que vous voudrez inventer et réaliser !

 

« Soyez des gens qui font »

En effet, je suis convaincue que, dans le domaine de la communication, il ne suffit pas d’être stratège. Il n’y a pas des gens qui pensent et des gens qui font. On fait bien ce que l’on a pensé, et on pense d’autant mieux à l’épreuve de ce que l’on fait. Si j’ai un conseil à vous donner, quels que soient les chemins que vous emprunterez c’est de rester des « doers », des gens qui font. C’est parfois une petite leçon d’humilité mais vous n’en serez que meilleurs, croyez-moi !

Enfin, ce qui est essentiel c’est que vous trouviez un sens à ce que vous faites. En n’oubliant jamais que ceux à qui vous vous adressez ont les mêmes attentes.

Bien évidemment la communication doit avoir un sens. Mais elle doit surtout s’inscrire dans les aspirations de la société. Et celles-ci ont bien changé !

Il y a bien longtemps, fut inventée la réclame, puis la publicité et ses belles campagnes, sur fond d’insights et de GRP massifs.

Mais aujourd’hui, qui a encore envie d’être la cible –ou mieux encore, le coeur de cible – d’une communication de masse descendante et indifférenciée ? Qui supporte encore l’intrusion de messages standardisés dans ses lectures, ses films, ses expériences ? et d’ailleurs, qui parmi vous n’a pas encore adopté un adblocker ?

Les publics ont pris le pouvoir depuis longtemps dans une relation horizontale et de pair à pair (cf. gilets jaunes ou nuit debout). Cela signifie que ma réputation tout comme la confiance que j’inspire repose sur les interactions que je peux avoir avec les autres. C’est le principe même de l’économie collaborative ou des plateformes collaborative.

Les fameux « messages » ont ainsi laissé place aux conversations, aux relations et à la confiance qu’elles inspirent.

D’une économie centrée sur la production et la quête du confort, nous passons à une société tendue vers la réalisation de soi où la question des relations prend tout son sens. Autrement dit nous privilégions: des liens à cultiver plutôt que des biens à consommer.

 

L’importance de créer des relations riches et durables

C’est pourquoi chez Hopscotch, nous sommes convaincus que notre métier de communicant, c’est de créer des relations riches et durables au sein d’écosystèmes de publics.

Et cela tombe bien !

En effet, savez-vous quel est l’ingrédient le plus important pour vivre heureux ? Le succès ? L’argent ? Le mariage ? Les enfants ? Ne cherchez pas.

« La bonne qualité de nos relations nous rend plus heureux. C’est tout. »

C’est la conclusion d’une très longue étude réalisée par une équipe de chercheurs de l’université de Harvard. Elle a analysé les vies de 724 hommes depuis 1938, et le psychiatre et professeur américain Robert Waldinger, co-auteur de l’étude, a présenté fin 2015 les premiers résultats de ce suivi : « Il s’avère que les personnes qui sont plus connectées socialement à leur famille, leurs amis, leur communauté, sont plus heureux. »

Alors, tout comme Voltaire disait à Candide de cultiver son jardin, je ne saurai trop recommander aux communicants que vous êtes de devenir des cultivateurs de relations et de contribuer ainsi à plus de bonheur à partager.