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Fashion Movie – Part I : quand le cinéma se nourrit de la mode …

Voici un article de COMinside, le webzine de l’ESP, terrain d’entraînement rédactionnel des ESPiens. Cette semaine nous vous partageons celui écrit par Margaux Untereiner & Mathilde Benech, étudiantes en Bachelor 3ème année spécialisation Stratégie Digitale.

Quand je fais une robe, c’est une histoire, presque un scénario” déclarait le talentueux Yves Saint Laurent.

« Ce sont deux univers qu’on associe presque naturellement. » déclare Véronique Le bris, auteur deFashion & cinéma.

Un lien étroit unit la mode et le cinéma. Peut-être parce que ces deux formes artistiques ont émergé à la même époque et visaient initialement un public féminin ? Les regards affûtés des réalisateurs et des grands couturiers captent l’air du temps, deviennent des miroirs du monde. Faisant appel à nos émotions, ils renvoient l’image de notre société, ses enjeux, ses avancées mais également sa part de noirceur. Et cette analyse est encore plus forte quand ils dialoguent, croisent leurs puissances créatrices.

Premier vecteur d’interaction : quand le cinéma se nourrit de la mode …

La mode : une corne d’abondance scénaristique

Depuis les années 40, les réalisateurs s’inspirent du milieu du cinéma pour dépeindre dans leurs films un univers tout aussi fantasque qu’ impitoyable.  Jacques Becker dans Falbalas sorti en 1945, raconte les tourments d’un jeune et brillant couturier. En 1994 c’est Robert Altman avec Prêt-à-porter, qui délivre une vision satirique du milieu. En 2015, Haute Couture de Jocelyn Moorhouse transforme la mode en outil de vengeance.

Fasciné par les paillettes et les beaux tissus, le cinéma n’hésite pas cependant à présenter cet univers à travers une satire. Dixit Le Diable s’habille en Prada. Le personnage de la rédactrice en chef qui règne par la terreur sur le magazine de mode Runway, est campée par une Meryl Streep piquante à souhait, qui s’inspire au passage de la célébrissime rédactrice en chef du Vogue américain, Anna Wintour. A peine une caricature ? Il faut dire qu’avec ses particularités, son sens du spectaculaire, le monde de la mode se prête à la dérision.

C’est que la mode est une usine à histoires, une corne d’abondance scénaristique. Les anecdotes, les rumeurs y pullulent. Elle ne peut donc qu’inspirer le milieu du cinéma, toujours en quête de bons scénarios. Et ce sont bien souvent les couturiers de renom qui sont mis à l’honneur. En témoignent de nombreux biopics comme YSLCoco avant Chanel, … Des films qui retracent le destin de ces profils exceptionnels, au talent indiscutable, à la vie hors normes… digne d’un héros de film ! Ainsi, dans Yves Saint Laurent de Jalil Lespert, on s’extasie devant le génie du couturier, mais l’homme nous fascine tout autant.

On ne cherche pas ici à séparer l’homme et l’artiste. Le spectateur désire tout découvrir de ces personnages publics souvent mystérieux. Leurs failles, leurs faiblesses, leurs moments de doute et de joie. Certains de ces films impactent durablement les interprètes. Pierre Niney qui a offert une prestation bluffante de YSL, a éprouvé des difficultés à quitter son rôle. Idem pour Gaspard Ulliel qui s’est totalement investi dans son interprétation de Saint Laurent.

Quand le cinéma et la mode s’amusent ensemble

S’il s’inspire de l’univers de la couture, le cinéma n’hésite pas à faire passer les stylistes en coulisses pour participer à la magie du tournage, et cela de plusieurs façons.

Certaines collaborations entre actrices et couturiers ont marqué, d’une manière indélébile, l’esthétique d’un film … et la mode contemporaine. C’est notamment le cas pour Audrey Hepburn et Hubert de Givenchy. Au sujet du créateur français, l’actrice américaine déclare « C’est Hubert de Givenchy qui m’a donné un look, un genre, une silhouette. Habillée par lui, je n’ai peur de rien ». Qu’ajouter ? Tout est dit. D’autres comédiennes vont marquer les mémoires par leurs amitiés avec des créateurs renommés. Catherine Deneuve, égérie et intime d’YSL, Marion Cotillard et Raff Simons, Juliette Binoche et Giorgio Armani, Vanessa Paradis et Karl Lagerfeld, Farida Khelfa et Jean-Paul Gaultier …

Rien d’étonnant … une actrice se doit d’être belle devant la caméra et hors plateau. De là à devenir la muse du couturier qui a su la comprendre, la sublimer, il n’y a qu’un pas, que Véronique Le Bris, auteur de Fashion & cinéma résume en ces termes : « Le cinéma a toujours eu besoin d’élégance et la mode de vitrine ». Consultant à l’Institut français de la mode (IFM), Jean-Michel Bertrand va plus loin quand il explique dans LeFigaro.fr Madame : « Les costumiers sont des créateurs de mode dans la mesure où ils sont cités par tous les grands couturiers. Que ce soit Mad Max qui inspire les blousons d’Hedi Slimane chez Saint Laurent ou Star Trek mis à l’honneur par Gucci, le cinéma est un vivier d’inspiration

Ainsi l’univers d’un réalisateur peut devenir une source d’inspiration pour un couturier. Notons le lien entre les collections de Alessandro Michele directeur artistique de la maison Gucci et le style casual-wear/bobo/trendy des personnages des films de Woody Allen, dont Annie Hall est la parfaite représentante. Un réalisateur iconique particulièrement prisé, Stanley Kubrick, qui a toujours apporté un soin jaloux aux costumes, de Shining à Eyes Wide Shut en passant par 2001 L’Odyssée de l’Espace. En 1971, sort Orange Mécanique, Alex et ses droogies, chapeau melon, canne, chemise, bretelles et pantalon blanc de joueur de cricket … repris par Jun Takahashi pour le défilé de la marque Undercover, ou encore par Jean Paul Gauthier pour sa collection homme en 2008. Quant à Alexander McQueen, il sera fortement influencé par Barry Lindon, avec sa collection Sarabande en 2007.

De toute évidence, le cinéma se nourrit de la mode, dans une relation d’amour intense et foisonnante d’inventivité … l’inverse est aussi vrai, mais cela, nous vous en parlerons dans « Fashion Movie Part II ».

Pour en savoir plus :

https://www.franceinter.fr/emissions/on-aura-tout-vu/on-aura-tout-vu-26-novembre-2016

http://www.ecrannoir.fr/dossiers/modecinema/index.html

https://www.lexpress.fr/styles/tendances/la-mode-dans-le-cinema_1299455.html

https://www.lesinrocks.com/2016/03/05/cinema/actualite-cinema/la-mode-au-cinema-en-dix-films-et-des-poussieres-de-strass/

https://www.programme-tv.net/news/cinema/47015-yves-saint-laurent-coco-chanel-le-diable-la-mode-fait-son-cinema-14-photos/

https://i-d.vice.com/fr/article/pak8xk/nana-komatsu-la-grande-fierte-de-la-mode-et-du-cinema-japonais

https://www.youtube.com/watch?v=AHMt5Yo3i2I

https://www.rtbf.be/pure/article/detail_quand-le-cinema-inspire-la-mode-et-reciproquement?id=10329882

http://fr.jurispedia.org/index.php/Contrat_de_production_audiovisuelle_%28fr%29

https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/sorties-de-films/mode-et-cinema-le-je-t-aime-moi-non-plus-permanent_3305397.html

https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/sorties-de-films/mode-et-cinema-le-je-t-aime-moi-non-plus-permanent_3305397.html

https://www.vogue.fr/culture/article/la-mode-au-cinema-les-meilleures-collaborations-entre-createurs-et-realisateurs

https://www.lemonde.fr/m-mode/article/2016/12/08/la-mode-fait-son-cinema_5045730_4497335.html

https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/sorties-de-films/mode-et-cinema-le-je-t-aime-moi-non-plus-permanent_3305397.html

https://www.forumdesimages.fr/les-programmes/toutes-les-rencontres/cours-de-cinema-glamour-les-liaisons-dangereuses-de-la-mode-et-du-cinema

https://www.franceinter.fr/emissions/on-aura-tout-vu/on-aura-tout-vu-26-novembre-201