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Les goodies et l’environnement : comment faire du bien à l’entreprise et au monde ?

Chaque jeudi, nous relayons un article de COMinside, le webzine de l’ESP, terrain d’entraînement rédactionnel des ESPiens. Cette semaine nous vous partageons celui écrit par Garance Rovere et Carla Candotto, étudiantes en Bachelor 2ème année.

Hello les ESPiens ! Je suis Garance et voici Carla, nous vous proposons aujourd’hui un nouveau « Podcast ou presque » consacré aux goodies.

« Goodies » : cet anglicisme qui définit un “petit cadeau” revient en boucle dans l’univers de l’entreprise. Le stylo qui va fonctionner 2 jours, la boule anti-stress, la clé USB, la peluche rigolote ou encore le décapsuleur, frappés du logo de la marque qui nous l’offre durant un salon, une soirée, un événement quelconque ! Nous en avons tous deux ou trois qui traînent chez nous ou sur notre bureau, dans notre sac.

Bref pas de stratégie de communication réussie sans goodies. Le problème ? Ces objets sont-ils éco-friendly ? Quel impact par rapport à l’environnement ? Les entreprises doivent-elles tenir compte de ce facteur dans leurs campagnes ? C’est ce dont nous allons traiter aujourd’hui.

G : Garance, bonjour. Il faut d’abord se poser la question centrale, à savoir, : quel est le but poursuivi par les marques en offrant ces gadgets flaggés, offerts parfois sans véritable précision de ciblage ?

C : C’est un moyen de communication sympathique et facile à distribuer dans les salons, les événements ou encore dans la rue dans le cadre de campagnes de street marketing. Ils sont utilisés par tous les types d’entreprises,TPE/PME/ grandes structures, pour se faire connaître ou accroître leur notoriété ou encore, pour fidéliser. Et pour cause.

Les goodies constituent des éléments de visibilité qui vont pénétrer, plus ou moins durablement, le bureau, voire le domicile des bénéficiaires. Cela permet d’avoir une action sur la durée et d’être présent plus longtemps dans l’esprit du prospect ou du client. Pour preuve, une étude mise en place en 2017 par la Fédération Française des Professionnels de la Communication par l’Objet a révélé que 77 % des personnes interrogées conservaient les goodies, ce qui est énorme. Une autre étude effectuée par la British Promotional Merchandise Association met en évidence que 94 % des sondés ont retenu le nom de l’enseigne via un objet de promotion.

G : Effectivement. Mais alors où est le problème ?

C : Eh bien les goodies ne sont pas éco-friendly. L’impact environnemental de ces gadgets à bas coût est considérable.

Déjà parce qu’ils ont souvent une durée de vie limitée et finissent rapidement à la poubelle, alimentant la pollution et engorgeant le flux des ordures à traiter. Il n’y a qu’à observer les abords de la Caravane du Tour de France pour saisir la gravité de la situation. Environ 10 millions de spectateurs à qui on distribue 15 millions de goodies en tout genre, qui finissent en majorité dans la nature. Cette année, les ONG et certains députés se sont mobilisés pour dénoncer le scandale et appeler à un changement des comportements.

Autre souci de taille : les goodies sont généralement fabriqués en Chine puis acheminés en bateau avec une note carbone très élevée. Et les matériaux utilisés s’avèrent problématiques. Exemple type : les clés USB, très souvent distribuées par les marques, sont constituées de matériaux non recyclables. On peut aussi s’interroger sur les tote bags, proposés comme une alternative durable au sac en plastique, mais qui impliquent une surconsommation d’énergie et d’eau à la fabrication, pour la culture du coton qui le compose.

Autre questionnement par ailleurs sur des produits comme le cendrier de poche qui encourage l’usage du tabac ou les bonbons et autres confiseries qui posent un souci du point de vue de la santé. Bref le goodies pose pas mal de questions.

G : Bref une entreprise a tout intérêt, vu la prise de conscience autour des questions environnementales, à revoir sa stratégie pour opter pour des goodies éco-friendly ?

C : J’ai consulté une étude orchestrée par le CSA Research en 2017 pour cerner les attentes des français en la matière : « 85% d’entre eux apportent une attention particulière à l’aspect écologique des objets publicitaires et 87% à l’aspect éthique ». Les chiffres parlent d’eux-même : le public est désormais sensibilisé et verra d’un œil favorable les entreprises qui intégreront cette donnée et sauront communiquer leur engagement.

Le propos n’est pas de condamner l’utilisation de ces gadgets qui sont finalement bien ancrés dans nos habitudes mais plutôt de tenter de les fabriquer autrement. Il faut arrêter d’acheter des stylos qui vont servir deux jours ou un énième thermomètre d’extérieur qui sera revendu 17 fois dans les vide-greniers. Le challenge est d’innover dans les actions de communication. Les goodies sont, avec la carte de visite, ce que le prospect ou le client voit en premier des valeurs portées par une entreprise. C’est l’occasion de véhiculer des messages forts pour montrer son implication éco-responsable et sa participation à la mutation de la société.

G : Mais alors un goodie écolo, qu’est-ce que ça pourrait être ? Tu as des exemples ?

C : Déjà des goodies que l’on peut vraiment conserver comme des petits arbres dans un pot, que l’on peut garder dans son bureau. Tout ce qui est issu du recyclage papier et plastique, les crayons et règles en bois, idem pour les accessoires de cuisine … Bien évidemment les vêtements dérivés de coton bio …

Également tout ce qu’on peut planter, papier, crayon … et qui va donner une plante … les sachets de graine estampillés au logo de la marque, les cartes de vœux biodégradables avec des semences incorporées … Le choix est vaste … et les entreprises spécialisées dans ce créneau sont nombreuses, il suffit de consulter Google pour s’en rendre compte. Attention à la provenance des objets, ils doivent être fabriqués en France ou en Europe pour diminuer l’impact carbone du transport.

G : Si il y a autant d’options, comment se fait-il que les entreprises ne passent pas en masse aux goodies écolo ?

C : Malheureusement ces alternatives représentent un budget plus élevé pour l’entreprise … même si les prix tendent à baisser avec une offre démultipliée. Autre point à prendre en compte : le coût est peut-être à calculer sur le plan global et pas uniquement sur le volume d’objets. Par exemple, au lieu de distribuer sans compter, pourquoi ne pas réduire le nombre de goodies offerts, mais en augmentant le taux d’engagement ? Mettre en place un jeu concours avec un tirage au sort, permet de récupérer des informations qui pourront être utilisées commercialement, dans le respect de la RGPD, bien entendu. Bref il faut repenser la stratégie, et initier de nouveaux comportements, en faisant très attention.

En effet, certaines initiatives perçues initialement comme intéressantes, se sont avérées être plus un coup de green-washing qu’une réalité véritablement éco-responsable. Ainsi l’anecdote de la pomme distribuée avec le logo d’une marque imprimée dessus. Chouette idée, mais ladite pomme s’est avérée (après enquête) ne pas être bio. Mentir à sa cible en utilisant la corde sensible de l’éco-responsabilité dans ses goodies ? Ce n’est pas franchement recommandé, cela peut même impacter durablement la confiance des clients envers la marque.

G : Pour conclure, tu conseillerais quel positionnement ?

C : Le comportement sociétal d’une entreprise n’est plus une option dans un monde qui change aussi vite et où il suffit d’un tweet pour déclencher une crise. Alors autant adopter au plus vite les bonnes pratiques. Les premiers à le faire tireront profit de leur démarche par une amélioration de leur image auprès de leurs clients et leurs salariés … qui auront plus facilement tendance à devenir des ambassadeurs de la marque.

G : Alors, changeons nos pratiques du cadeau pour contribuer à changer le monde ! Merci Carla pour tes explications, et merci à nos lecteurs/auditeurs pour leur attention ! A très vite pour le prochain Podcast ou presque !

Pour en savoir plus :

https://www.definitions-marketing.com/definition/goodie/

http://www.lefigaro.fr/le-scan-sport/2019/07/05/27001-20190705ARTFIG00006-pollution-plastique-la-caravane-du-tour-de-france-a-la-croisee-des-chemins.php

https://www.consoglobe.com/les-tote-bags-pas-forcement-moins-polluants-que-les-sacs-en-plastique-cg

https://www.bpma.co.uk/

https://giftsforchange.fr/limpact-ecologique-et-social-des-objets-publicitaires/

https://www.webmarketing-com.com/2018/07/19/82396-quel-est-linteret-des-objets-publicitaires-dans-la-strategie-de-communication-dune-entreprise