Fabien Bacquet
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Alumni

Fabien Bacquet | Team Manager @Team Vitality – ESP Promo 2014

PEUX-TU TE PRÉSENTER ?

Je m’appelle Fabien Bacquet et j’ai (bientôt) 27 ans. En 2013 je suis rentré à l’ESP après avoir fait 3 ans de fac d’histoire puis d’information-communication. La fac était un échec scolaire parce que je me retrouvais pas dans le système qui était proposé et j’avais surtout faim de quitter les bancs des cours pour apprendre concrètement un métier, un secteur.
Et aussi commencer à pouvoir à entrer dans la vie active.

 

Durant toutes ces années à la fac je gravitais autour de projets médias jeux vidéo. J’ai pigé pour quasiment tous les plus gros sites d’actu jeux vidéo, j’ai créé des podcasts (avant que ça soit à la mode dans tous les recos des agences parisiennes), j’ai monté quelques chaînes Youtube (rendues privées depuis, parce qu’il faut arrêter d’être gênant à un moment donné). Bref, j’avais du temps et de l’énergie à revendre pour créer des choses.

Je suis entré à l’ESP en Bachelor option digitale pour deux choses : avoir un parcours en alternance et baigner dans le mode digital, parce que l’ESP était une des seules écoles qui permettaient dès la 3ème année de se spécialiser.

C’était assez compliqué parce que je débarquais dans un univers que je connaissais assez peu, la communication, et sans avoir fait les deux premières années, il fallait rattraper le niveau de connaissance de la promo. Mais rapidement j’ai été dans le bain et notamment grâce à l’alternance qui te permet d’accélérer ta formation.

J’ai été pris, par une super agence qui s’appelle Heaven, et qui à l’époque, était assez en avance sur toutes les questions Social Media, Community Management. J’ai passé une grosse année à être le CM attitré de de Samsung France, sur toutes les questions et les problématiques d’influence. Et en 2013, c’était assez nouveau.

C’est après cette expérience que j’ai pu commencé à rapidement travailler dans l’E-sport, en rentrant comme Digital Manager chez Bang Bang Management, la première agence de talents E-sport en France. C’était une expérience assez courte et j’ai rebondis chez SAME SAME BUT DIFFERENT, une agence digitale spécialisée dans le luxe où j’aidais les clients plus “grands publics”.
Après ça, j’ai eu le besoin d’entreprendre, alors avec 2 autres amis on s’est lancé dans l’aventure un peu folle de monter notre boîte parce qu’on avait une idée qu’on pensait pleine de potentiel : développer une solution d’in-game advertising à vendre aux éditeurs de jeux vidéo, pour développer toute une économie de publicité automatisée au sein des jeux. Et ça été… un bel échec !

Après un an de travail, on arrivait pas à avancer sur quoi que ce soit d’un point de vue technique, on a jamais trouvé le profil pour nous aider à développer cette solution.

C’est à ce moment là, en 2015, que j’ai été contacté par Cerise Media, une groupe média en plein essor, pour prendre en main tout leur pôle gaming; manager la rédaction, développer des stratégies d’audience, développer le branding et le network de la marque. Puis fin 2018, Team Vitality m’a approché et m’a proposé une mission que je ne pouvais pas refusée !

 

TU NOUS PARLES DE TON RAPPORT À L’ESPORT ?

La base, ce sont les jeux vidéo. Je suis de cette génération où le jeux vidéo a pris une part très importante dans notre culture, et en même temps c’était encore un truc un peu honteux. Les années collège/lycée, t’as du mal à assumer cette passion sans que tu sois catalogué. Donc assez tôt j’ai faire la part entre ma vie sociale du quotidien, en cours, avec mes potes, et ma vie sociale sur Internet, avec mes autres cercles de connaissances liés aux jeux vidéo.

Puis à un moment dans ma vie, je me suis rendu compte que le projet qu’on me proposait, faire des études, trouver un travail, avoir ses passions à côté, ça me correspondait pas. Et donc très vite je me suis mis en tête que j’allais mélanger les deux : passion et travail.

À côté de ça, la tendance dans les jeux vidéo est allée à de plus en plus de modes en ligne et donc de compétition. Et puisque je jouais à ces jeux compétitifs, je me suis de plus en plus intéressé et de plus en plus impliqué dans cette tendance. En fait j’ai grandi et évolué dans ma pratique en même temps que l’essor de l’E-sport. Je m’entrainais avec mon équipe (à notre petit niveau), on participait à des compétitions online et offline. C’était un super moment. Mais j’étais un simple spectateur avisé. J’étais encore loin de devenir un acteur de ce monde.

C’est en 2014 que j’ai eu ma première expérience chez Bang Bang Management, en aidant les plus grands talents esport français dans leur stratégie digitale. Une petite parenthèse professionnelle que j’ai réouvert des années plus tard en 2017, quand j’ai proposé un énorme projet chez Cerise Media/Gentside : créer et développer un club E-sport professionnel. C’était une période de rachat pour notre groupe et j’ai saisi l’opportunité de la tendance intrapreunariale (il est beau ce mot, pour juste dire que tu développe une nouvelle activité au sein de ton entreprise, pour ton entreprise).

Ça été de très longs mois de travail de réflexion, de négociations, mais ça été lancé début 2018. C’était plus que challengeant, c’était épuisant ; je devais à la fois réaliser ma mission pour laquelle j’ai été embauché mais aussi développer toute une nouvelle activité, tout seul. Mais c’était génial car j’ai pu profiter d’être le seul en capacité de gérer ce projet, d’en prendre, quasiment, toutes les décisions, avec l’appui d’un grand groupe. Et en 2018, malgré un tout petit budget, ça été un peu l’explosion : d’excellents résultats compétitifs, une stratégie d’audience qui a fonctionnée et surtout on acquis une légitimité dans le milieu en peu de temps. Avec ce projet, on débarquait de nulle part dans ce monde l’E-sport, et avec nos petits moyens face aux mastodontes on a fait mieux que certains.

Ce projet ça été ma carte de visite, c’était mon bébé, et c’était primordial que je réussisse avec pour aller plus loin. Et ça a fonctionné puisqu’en 2019, Team Vitality, le plus gros club E-sport de France, top 3 en Europe, est venu une mission en tant que Team Manager chez eux. 

Alors, c’est quoi mon rapport à l’E-sport ? C’est une (très) grande partie de ma vie. C’est mon travail. C’est ma passion. C’est mon passe-temps. C’est mon plaisir. Et c’est quelque chose dont je prends conscience tous les jours : j’ai le métier de mes rêves, au sein de la boite dans laquelle je voulais être. Et ça, c’est une chance dont il faut profiter.

 

QUEL EST TON RÔLE CHEZ VITALITY ?

Team Vitality est venu me proposer fin 2018, une mission un peu particulière : prendre en mains deux de leurs équipes avec lesquelles ils ont du mal à performer et à structurer; Rainbow 6 et Hearthstone. Je suis donc arrivé en tant que Team Manager. Dans le jeune milieu de l’E-sport il y a très peu de jobs qui se ressemblent, d’un club à l’autre. On crée nos missions en fonction de nos besoins, et chaque besoin est propre à chaque club. 

Pour moi, Team Manager c’est être en responsabilité des équipes. Je me vois comme un chef d’orchestre; c’est pas moi qui joue de la musique, mais il faut quelqu’un pour lead toutes ces personnes pour avoir de l’harmonie. C’est la même chose ici, avoir la meilleure structure de travail et la faire respecter pour avoir la meilleure performance possible. Ça inclut l’aspect compétitif, mais aussi tout le volet de communication, interne et externe, un énorme travail de management sur l’humain et être une passerelle entre le head staff du club, et les équipes.

TU TE VOIS OÙ DANS 10 ANS ?

Y a 10 ans j’avais pas encore mon bac et je me serais jamais imaginé faire ce que je fais. Donc aucune idée où j’en serai dans 10 ans. J’aime assez peu me projeter aussi loin, je préfère me laisser porter par les projets et mes envies.
Mais dans l’idée, j’aimerais continuer mon évolution dans l’esport, grandir en même temps que le business se développe, en France et dans le monde. Il y a tellement de choses à faire encore ! Et puis dans un coin de ma tête il y a toujours cette fibre entrepreneuriale, alors qui c’est…

 

QU’EST-CE QUE TU RETIENS DE L’ESP ?

La notion de promo très forte. On était à la fois des potes, parfois des collègues, et c’est la base du réseau pro que j’ai aujourd’hui. Donc y a eu beaucoup de rencontres qu’on a forgé avec les compétitions. C’était peut être les moments les plus intenses, les plus plaisants, les plus épuisants de ma scolarité. 4 ou 5 fois par an, trois semaines de travail intensif ; brainstorming le matin dans des appartements, alternance l’après midi, puis retour en équipe tous les soirs jusqu’à pas d’heure pour développer le meilleur concept. On se donnait, on voulait gagner, y avait une émulation vraiment dingue !

 

EST-CE QUE TU AS UN MESSAGE À FAIRE PASSER AUX ÉTUDIANTS DE L’ESP ?

GL HF. (Vrais reconnaissent vrais)